Parlons album: Le secret du clan

Le secret du clan, Baum, Dedieu, éditions HongFei,

Le secret du clan, Gilles Baum, Thierry Dedieu, éditions HongFei, 2020

Le secret du clan, Gilles Baum, Thierry Dedieu, éditions HongFei, 2020

Dans cette petite île de pêcheurs, où il n’y a qu’un seul et minuscule village, An-Ju passe, comme chaque année des vacances avec son grand-père.
Mais cette fois, elle remarque un détail auquel elle n’avait encore jamais prêté attention.
Son grand-père, le boulanger, la couturière et quelques pêcheurs ont le même tatouage sur le bras! Mais pas l’instituteur, les policiers ou l’épicier.
Quel secret se cache derrière ces crustacés?
Nous aussi, partageons ce voyage initiatique, entre générations, mis en image par Thierry Dedieu.L’ alternance de tons froids et chauds rythme la rencontre entre traditions et modernité.
Des touches lumineuses éclairent , ici un vélo, là un maneki-neko et puis un chemin qui mène vers un secret.
Aux côtés d’An-Ju et de son grand Père, ce récit, où l’on passe de l’ombre à la lumière, nous offre un rayonnant levé de soleil en héritage.

Le secret du clan Stéphane Boulanger, lecteur formateur

Parlons albums: Mon île

Mon île, Mark Janssen, Kaléidoscope

Mon île, Mark Janssen, Kaléidoscope, Aout 2020, 13€50

Sur nos lieux de lecture, cet album n’est jamais passé inaperçu, la première de couverture invite le lecteur à un extraordinaire voyage tout en couleur.

Le récit commence par une tempête « crac ! » le bateau se brise. Que va-t-il arriver à nos deux héros ? Quelle est cette île sur laquelle ils ont échoué ? Tiens, elle bouge…

Dès les premières pages le lecteur retient son souffle. Mais pas d’inquiétude, le monde marin regorge de beauté merveilleuse. Les illustrations de Mark Janssen sont lumineuses, pétillantes et dynamiques, elles mettent à l’honneur toute la beauté de la nature, chaque double page est une explosion de couleurs et de relief.  Cet album offre au lecteur une belle parenthèse à notre réalité quotidienne.

Amazon.fr - Mon île - Janssen, Mark - Livres

Céline Mizier, lectrice formatrice

Rencontre avec Corinne Dreyfuss

Merci beaucoup de prendre le temps de répondre à nos questions, c’est un grand plaisir d’inaugurer avec vous notre rubrique « Rencontre avec… »

Merci à vous de m’y inviter, je suis très admirative du travail que fait  L.I.R.E,  c’est tellement important, aujourd’hui plus que jamais.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai fait mes études aux Beaux-arts. Ensuite, pendant quelques années, j’ai dessiné, peint et fait des collages, mais j’ai aussi commencé à proposer des ateliers d’art plastique avec des enfants et même déjà, avec des tout-petits. Longtemps après, en 1997, je me suis intéressée à la littérature jeunesse que je ne connaissais pas du tout. Je ne me souviens pas avoir eu d’autres livres que des « Martine » avant « La bibliothèque rose ». Ma rencontre avec les livres d’Olivier Douzou, « Jojo la mâche » et « Yoyo l’ascenseur » a été particulièrement marquante et m’a ouvert des possibles que je n’imaginais même pas. Parallèlement la bibliothèque de ma ville (Mulhouse) proposait une action qui s’appelait « 1,2,3 contez » des weekends de formation à la lecture à voix haute et au conte étaient offerts et en échange nous allions raconter ou lire bénévolement dans une école. J’ai eu un plaisir immense à lire des livres avec les enfants à l’école et j’ai commencé à écrire et illustrer mes propres projets . Mon premier album est sorti fin 1998 aux éditions Thierry Magnier, suivi très vite début 1999 par un album aux éditions Frimousse. Deux éditeurs avec qui je travaille toujours.

Vous avez plus de 50 titres à votre actif, dont les premiers ont été publiés au début des années 2000, votre style graphique a évolué, il semble tendre vers plus d’épure, qu’est-ce qui a présidé à cette évolution ?

En plus de 20 ans forcément (et heureusement) on évolue et mon travail graphique a effectivement changé. Au début pour illustrer je me suis appuyée sur ce que je faisais alors, surtout des collages, mais aussi, pour une autre part de mon activité,  des motifs (je dessinais à ce moment-là des motifs textile). Au final j’étais souvent déçue par l’impression, le rendu dans le livre. Même quand la photogravure était réussie, je trouvais toujours (et c’est normal) que l’on perdait quelque chose entre l’original et la reproduction. Quand l’ordinateur en tant qu’outil est arrivé dans mon travail d’illustratrice, cela a changé. Ce que je fais sur mon ordinateur, c’est ce qui est dans le livre, je n’ai plus l’impression de passer par l’étape « reproduction » et je n’ai plus cette « petite déception », cette « sensation de perte ». Il n’empêche que mon travail numérique est très semblable à du collage, je crée beaucoup en assemblant des formes, parfois même je commence avec des papiers et des gommettes pour expérimenter. C’est vrai que j’ai envie de formes limpides, de clarté visuelle. J’utilise beaucoup d’aplats, les motifs maintenant sont souvent remplacés par des trames et j’essaye de travailler les éléments de l’illustration pour qu’ils soient les plus simples, les plus iconiques. Je suis tout à fait fascinée par la capacité qu’ont les tout-petits de « reconnaître » les dessins, même quand ils sont très schématiques, parfois même jusqu’à l’abstraction.  Quand je dessine un oiseau avec une forme oblongue pour le corps deux rectangles pour les ailes, trois traits un point pour les pattes, le bec et l’œil cela n’a pas grand-chose à voir avec un vrai oiseau et pourtant c’est évident pour eux. J’aime bien aussi l’idée de faire avec « moins », me demander ce qui n’est pas utile dans le dessin comme dans le texte et de m’en passer.

dans mes livres il y a Corinne Dreyfuss Beaucoup de vos albums s’adressent particulièrement aux bébés, vous avez aussi créé une exposition “Dans mes livres il y a…” qui est destinée aux tout petits, quelles sont les spécificités de ce public?

Oui, de plus en plus de mes livres s’adressent aux tout-petits (moins de 3 ans) et « Pomme pomme pomme » a fait connaître mon travail en ce sens. C’est un public que j’ai rencontré, avec lequel je me suis familiarisée petit à petit et qui me captive de plus en plus. Pour moi écrire/illustrer pour un tout-petit, c’est travailler pour une rencontre, cette rencontre entre l’auteur (à travers le texte et l’image), le médiateur (celui qui lit le livre, la voix) et le tout-petit lecteur. C’est écrire pour être lu à voix haute et cela demande aussi d’envisager les/la voix et de ce fait, d’avoir une vraie attention aux sons, aux rythmes, aux silences même. J’aime bien penser que dans mes textes, je suis attachée  de façon égale aux paroles (le sens) et à la musique (le son). Écrire pour un tout-petit, c’est aussi imaginer un objet : le livre autour duquel petits ET grands vont se rassembler, qu’ils vont manipuler et dans lequel chacun peut se retrouver. Écrire pour un tout-petit, c’est encore créer des mouvements de regards conjoints, donner un rythme, une chorégraphie à ces mouvements entre pages, texte, et illustrations, j’aime bien me demander ce qu’ils vont regarder, quel chemin dessiner à leur regard. Parce que lire avec un tout-petit, « c’est regarder ensemble dans la même direction*  » et ce regard partagé est fondamental. Et puis, écrire pour un tout-petit, pour moi, c’est essayer de faire au plus simple (et ce n’est pas simple de faire simple),  avec « moins ». Parfois c’est juste tirer un fil, mais ce fil j’ai envie qu’il soit doux, solide et beau comme un fil de soie. exposition dans mes livres il y a Corinne Dreyfuss C’est aussi dans cette optique de rencontre autour du livre que j’ai imaginé mon exposition « dans mes livres il y a… » pour créer un dispositif qui part de mes livres et qui s’étend en un espace pensé pour le tout-petit, où, accompagné, il peut jouer, expérimenter, associer, lire avec …

caché Corinne DreyfussJ’aimerais que vous nous parliez de votre album « caché ! », ce n’est pas le dernier né mais il est probablement le plus atypique de votre production, d’où vous est venue cette idée ?

« Caché ! » est un livre tout particulier pour moi. D’abord parce que j’ai mis plus de quinze ans à le concevoir et à l’écrire. Je me souviens très bien du moment précis où cette idée a germée. Mon fils était tout-petit, (il est majeur !) assis, calé, entre des coussins sur notre lit, il tenait dans ses mains un petit cartonné et il s’est arrêté sur une page, captivé. il observait avec l’attention incroyable dont sont capables les bébés, mais cela a duré un très long moment. Alors je me suis penchée pour voir qu’elle était l’image qui l’absorbait à ce point. Et là, j’ai constaté à ma grande surprise que ce n’était pas une image qui retenait ainsi son attention, mais les mots, le texte, la typo. A ce moment-là je me suis dit, bien sûr, l’écriture (qu’ils ne peuvent pas lire) intéresse les tout-petits. Grâce aux mouvements de nos regards, par l’attention à la lecture qu’ils voient dans nos yeux, ils entrevoient. le mystère de ces signes qui dévoilent l’histoire. J’ai tout de suite décidé : je vais faire un livre pour les bébés sans images avec seulement du texte. Mais c’était compliqué, ambitieux, je ne savais pas vraiment quoi faire de cette idée et je n’avais pas à l’époque les épaules et l’expérience pour porter ce projet. N’empêche que cette idée ne m’a pas quittée, qu’elle a continué à vivre et à grandir dans un coin de ma tête. 8 ans plus tard, j’en ai parlé à mon éditeur, Thierry Magnier. Thierry m’a tout de suite dit ok mais ce n’était toujours qu’une idée, je ne savais même pas quoi écrire pour ce projet et je me suis lancée sur beaucoup de pistes sans jamais réussir à trouver un fil cohérent. La seule conviction que j’avais, c’est que je voulais que l’histoire soit très accessible aux petits comme aux grands, parce que, je le savais, la forme de ce livre allait être un peu impressionnante. J’ai mis 7 ans de plus pour aboutir. J’avais reparlé du projet avec Thierry Magnier et mon éditrice Camille Gautier et ils m’avaient lancée sur la piste du « Roman », plutôt que du livre sans image. Au début cela m’a mis la pression, « un roman pour bébé » quelle histoire ! Mais j’ai beaucoup recherché, lu, autour du concept de roman et cela m’a nourrie sans doute. C’est au cours d’une résidence d’écriture de 2 mois à la crèche à la Friche la Belle de Mai à Marseille, pendant laquelle j’ai d’ailleurs écrit « Regarde ! » (éditions du Seuil Jeunesse) que j’ai trouvé mon idée pour « Caché ! » : puisqu’il n’y avait pas d’images, que je n’allais pas « montrer » dans cette histoire, nous allions chercher qui se cachait dans ce livre. J’ai souvent l’impression que ce sont les enfants qui m’aident à trouver les idées qui sont cachées dans ma tête, là c’est le petit lecteur que l’on trouve caché dans l’histoire. Bien sûr, je ne peux pas parler de « Caché ! » sans évoquer le très beau travail de typo et de mise en page d’Aurélien Farina vraiment essentiel dans ce projet et qui a donné toute son ampleur à mon propos. caché Dreyfuss Magnier int Comment a-t-il été accueilli par le public, les libraires, la critique ?

Il a été accueilli timidement au début. Il a désarçonné les adultes, même des professionnels, ce que je comprends. C’est un livre qui a eu besoin d’apprivoiser les grands, de les amadouer. Il fait son chemin petit à petit (et il n’a pas fini, je crois, j’espère…) il les a souvent convaincus quand ils l’ont vu confronté à son public, quand ils l’ont lu avec des tout-petits. Moi c’est un livre qui m’a étonnée à de nombreuses reprises, qui m’a fait découvrir des choses à posteriori. Je l’avais pensé pour des bébés et je l’ai partagé avec les tout-petits avec beaucoup de bonheur et d’intensité, mais je n’avais pas imaginé que je pourrais le lire de la maternelle au CE2 dans des classes captivées, certains enseignants m’ont suggéré que « Caché ! » avait des pouvoirs magiques tellement ils étaient étonnés de la qualité de l’attention qu’il suscitait. C’est aussi un livre qui a provoqué beaucoup de témoignages passionnés qui m’ont énormément touchée (de la part des parents parce que les bébés ont encore un peu de mal à m’envoyer un mail pour me dire combien ils ont aimé mon livre). D’ailleurs sur mon site, il y a une vidéo d’un petit garçon de 18 mois qui lit « Caché ! », qu’on m’a envoyée et dont je ne me lasse pas, c’est pour moi un puissant antidépresseur quand ma motivation vacille. Je crois que l’on n’a pas encore « fait le tour » de ce que l’on peut proposer aux bébés je pense sincèrement que ce sont des « lecteurs » incroyables, actifs et créatifs, en qui on peut avoir toute confiance pour s’emparer de propositions ambitieuses.

un oiseau un chat dreyfuss Deux nouveaux albums viennent d’arriver presque simultanément en librairie : Un oiseau, un chat (Thierry Magnier) et Transformer un loup (Frimousse). Pouvez-vous nous parler de ces deux projets ? 

Oui la situation actuelle a fait que ces albums sont sortis à une semaine d’intervalle ce qui n’était pas prévu, mais peu importe. « Un oiseau un chat » est un projet très simple, cela faisait longtemps que j’avais envie d’écrire un album où le rythme est créé par un ping-pong de phrases courtes (sujet, verbe) et d’onomatopées, j’aime la dynamique que cela crée, ça donne quelque chose de rebondissant. Deux personnages : un tout petit oiseau et un gros gras chat gris. Tout va bien tant que chacun respecte les limites (celles de la page) mais quand l’un empiète sur le territoire de l’autre… aïe, aïe, aïe ! C’est aussi un livre sur l’enfant qui n’arrête pas, jamais, qui pousse les limites tant qu’il peut. « Transformer un loup » est un livre participatif. Par les actions des petits lecteurs sur la page, le loup se transforme petit à petit en mouton. J’adore la façon dont les petits s’impliquent dans ces livres participatifs, (« Regarde ! » explorait déjà cette piste) ils sont à fond, ils ne font pas semblant, ils font. Transformer un loup en mouton c’est aussi apprivoiser ses peurs, les rendre inoffensives et à ça, on peut tous s’entraîner, petits ou grands. transformer un loup Depuis quelque temps vous faites aussi les couvertures des livres de la collection 1001 bébés, (dont celui de LIRE et nous vous en remercions) voulez-vous nous dire deux mots de ce travail ?

J’avais déjà imaginé la version précédente des couvertures. Là, on a eu envie, tout en gardant l’aspect très coloré de cette collection, de faire une galerie de portraits de bébés dans toute leurs diversités. C’est un travail très différent dans lequel je prends beaucoup de plaisir. J’adorerais un jour faire une exposition ou un leporello de toutes ces petites bouilles. Pas sûr qu’on en compte 1001 pages !

Pour finir, des projets en cours ? 

Oui, plein ! Au printemps 2021, sortira au Seuil jeunesse un album sur la fin des histoires et de la vie, « c’est l’histoire… » illustré par Charlotte Des Ligneris. Je suis très heureuse qu’Angèle Cambournac (mon éditrice) et Charlotte aient réussi à insuffler autant de vie(s), de mouvement et de chaleur dans cet album forcément un peu grave. Je suis bien impatiente de le lire. Au printemps aussi, aux éditions Thierry Magnier dans la collection « pim, pam, pom » un album participatif  où l’action bouscule les mots jusqu’à donner « Une histoire bien secouée ». je me suis beaucoup amusée. A l’automne aux éditions Thierry Magnier, dans le même format que Caché ! et Bébébéaba, un thriller (que l’on peut traduire si joliment par : livre à frissonner) pour les bébés, ils vont avoir très, très, très peur… je vous le dis. Et puis je travaille actuellement sur deux autres projets : un livre CD et un livre objet, deux projets qui m’enthousiasment énormément, mais qui sont encore en cours de réflexion, alors je ne vous en parle pas et je croise les doigts. * Saint-Exupéry, Terre des Hommes : « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. »

Parlons albums: Les choses qui s’en vont

Les choses qui s’en vont, Beatrice Alemagna, Helium

« A celui qui pense que tout fiche le camp. » Beatrice Alemagna.

Beatrice Alemagna nous dit avec douceur et réalisme, à sa manière que « Tout passe, s’éloigne ou change ». Une seule chose ne s’en ira jamais, jamais…. 

A travers cet album qui évoque avec subtilité les mouvements de la vie, Béatrice Alemagna nous amène à relativiser les petits et les grands évènements de nos vies.

La force de ses illustrations et son inventivité graphique, pour évoquer ces choses qui changent, font de cet album un livre d’artiste où petits et grands lecteurs piochent ce dont ils ont envie.

Lors d’un RAM, la lecture de cet album a pris toute son épaisseur auprès des assistantes maternelles. Elles ont été amusées, connivences ou surprise par la réponse des illustrations mais une chose est sûre, aucune n’est restée indifférente à cet album qui nous parle de la vie qui passe.

Les choses qui s’en vont, de Beatrice Alemagna, éd. Hélium.

Céline Mizier, lectrice formatrice.

Parlons albums : On échange !

 

On échange !
On échange, Bernadette Gervais, Seuil jeunesse

On Echange ! est un drôle d’imagier dans lequel deux éléments mis en regard sur les pages de gauche et de droite s’échangent un de leurs attributs. Ainsi, la vache se pare, par exemple, des pois de la coccinelle, tandis que la coccinelle porte les tâches de la vache. Cette atmosphère carnavalesque est aussi un pied-de-nez à une attitude qui se voudrait éducative, lorsque l’adulte cherche à ce que l’enfant nomme les représentations d’un imagier plus classique. En effet, comment nommer un animal en forme de vache, mais aux couleurs de la coccinelle ? L’autrice choisit d’inscrire le mot « vache » sous l’image, mais ne serait-ce pas plutôt par humour et provocation ?

Les enfants ne s’y trompent pas, et plongent avec délice dans cet univers loufoque et surréaliste. En pouponnière, un garçon de 2 ans vogue d’un album à un autre. Il tend un livre à un adulte disponible, part, commence à regarder un autre livre, puis va en donner un autre à un autre adulte,… Lorsque son regard accroche On échange !, le garçon se saisit de l’album, s’assoit au même endroit, puis feuillette longuement l’album. Il pointe du doigt plusieurs pages, avec un son interrogatif.

En PMI, je propose de lire une histoire à une fille de 4 ans, très dynamique dans la salle d’attente. Elle accepte aussitôt, et choisit On échange !. A la première double page, montrant un mélange entre éléphant et arrosoir, elle ne dit rien. A la deuxième, qui met en scène une poule à pattes d’ours et un ours à pattes de poule, elle me regarde en souriant, en pointant les pattes de la poule sous le corps de l’ours. Elle continue ensuite de tourner les pages, en rigolant de plus en plus franchement, et en disant « C’est n’importe quoi ! ».

On échange ! - cartonné - Bernadette Gervais - Achat Livre | fnac

Cet imagier grand format aux couleurs vives interpelle les lecteurs de tout âge, de par son aspect ludique et absurde. Il invite à une créativité libre et débridée, et instaure une belle complicité avec toutes les petites mains qui le manipulent.

Delphine Krowin, lectrice formatrice.