Parlons album: Pour faire une tarte aux pommes

pour faire une tarte aux pommesPour faire une tarte aux pommes, il faut un pépin de pomme, Giacomo Nanni et Bastien Contraire, Albin Michel Jeunesse

Il est délicieux d’être transporté par une histoire. Et lorsque des thèmes aussi universels que le temps, la transmission et la vie sont retransmis avec tant de délicate simplicité par chaque élément de cette histoire, l’émotion ne peut qu’être vive.

Le jeune protagoniste plante un pépin. Les saisons, puis les années passent ; le pépin comme le garçon ont poussé. Il n’y a plus qu’à tendre la main pour cueillir une pomme, laisser les pépins de côté, et préparer une succulente tarte. L’odeur qui sort du four est alléchante. Les pépins sont ensuite offerts au fils du garçon, devenu homme… et le cycle recommencera.pour faire une tarte aux pommes

Le livre-objet que nous offrent Giacomo Nanni et Bastien Contraire doit d’abord se libérer d’un écrin transparent pour pouvoir s’ouvrir. La reliure en spirales participe au cycle infini évoqué par l’histoire. Le texte, impersonnel, est écrit à la manière d’une recette de cuisine. Ses phrases sont courtes, et traduisent l’universalité du propos. Les illustrations aux couleurs vives racontent davantage que le texte et se focalisent sur la vie du garçon. Elles nous montrent son attente, ses rencontres, ses joies et ses paisibles décisions. À la lecture de cet album, deux envies surgissent : recommencer l’histoire à l’infini et… manger une belle part de tarte aux pommes !

Delphine Korwin, lectrice formatrice

 

 

 

 

Parlons album: Oh, Regarde

Oh! Regarde, Silvia Borando, Valérie Rouzeau, Didier jeunesse,Oh! Regarde, Silvia Borando, Valérie Rouzeau, Didier jeunesse, 2020
Cet album carré s’ouvre comme une fenêtre sur l’émerveillement de ces deux enfants devant le spectacle mis en scène à la tombée des flocons..
Notre point de vue alterne ainsi, tout au long de cette histoire, entre d’un côté, les expressions du visage de cette petite fille aux couettes rouges et celles de ce petit garçon au bonnet bleu et de l’autre les spectacles que joue la nature à l’extérieur
de la maison. On peut lire ainsi successivement le ravissement,la surprise et l’inquiétude,mais aussi le courage et l’étonnement s’exprimer à travers leurs traits.Oh! Regarde, Silvia Borando, Valérie Rouzeau, Didier jeunesse,
Des animaux ont osé affronter le froid,
Un oiseau, trois lapins, un ours , un chat font leur apparition dans notre champ de
vision.
Les enfants nous les montrent, les suivent des yeux et nous avec eux.
La tension monte, rythmée par les alternances de points de vue.
Ceux-ci, embrassent tantôt le bleuté de cette soirée mouvementée,
tantôt ces têtes rondes et posées sur fond jaune dans la chaleur du foyer.
Dehors, ce soir, un drame se trame!!!! Tintintin…
Mais même si l’un des protagonistes en ressort un peu froissé,
tous finissent bien au chaud par se retrouver.
Enfin, ils peuvent, ensemble, savourer le spectacle de cette nuit enneigée.
Les regards dans cette histoire, à l’image de ceux des professionnelles de la culture, de
l’accueil et de l’accompagnement des jeunes enfants, se croisent et s’enrichissent pour
apporter la solution la mieux adaptée à la situation.
Et on peut y voir, ici et là des clins d’œils à d’autres artistes illustrateurs, illustratrices…
De votre côté, quelques idées?
Tout ce qu’on peut dire à L.I.R.E, c’est: “Nous, on en voit!”.

Stéphane Boulanger, lecteur formateur

Avec la bibliothèque François Villon, les livres voyagent et vivent

Alors que le covid 19 avait temporairement mis en confinement les budgets livres alloués à chaque lecteur-formateur de l’association L.I.R.E, les livres de la bibliothèque François Villon, fermée encore quelques mois pour faire peau neuve, étaient, eux confinés à la bibliothèque centrale.

Grâce à une équipe de  bibliothécaires au top, un chariot de nouveautés de 2020 qui n’attendaient que d’être libérées pour être mis entre les mains des petits comme des grands, a pu, en partie (un sac à dos ne pouvant pas toutes les contenir) sortir des sous sols de la bibliothèque centrale et voyager en RAM ( Relais Assistantes Maternelles), en centre social et ainsi être exploré, découvert, partagé entre enfants, parents, professionnelles de l’accueil  familial que sont les assistantes maternelles, éducatrice de jeunes enfants, responsable de RAM ou accueillante en LAEP (Lieu d’accueil Enfants Parents) et lecteur-formateur.

Ainsi, par exemple, “Danse” d’Hervé Tullet, (Bayard jeunesse, 2020). Cet album accordéon met en mouvement des bonshommes et bonnes femmes, faits de traits, de points (rouges, bleus, jaunes) de trous de formes variées percés dans chaque page et de miroirs a donné lieu à de jolis moments d’exploration:

Lors d’un temps d’accueil enfants parents en centre social, une petite fille âgée de 3 ans et demie, manifestement dans une période sensible aux couleurs, a nommé les couleurs de ces danseuses et danseurs.

Danse hervé tullet

 

Ou encore, pendant un accueil en RAM, deux demoiselles, de 2 ans ont joué avec les trous passant leurs mains dans l’un, dans l’autre, se retrouvant ici et là, telle une danse des doigts.

Et aussi, ce petit d’Homme d’un peu plus d’un an, observant les reflets dans les miroirs.

Ceux de son visage, de son assistante maternelle qui se trouvait derrière lui, mais aussi ceux des danseuses et danseurs.

Ainsi,grâce au prêt de la bibliothèque François Villon et aux déambulations de lecteur-formateur dans des lieux d’accueil de jeunes enfants, une bonne vingtaine de nouveaux albums a pu se déconfiner, tout en respectant  les mesures sanitaires.

Tout ce qu’on peut dire à LI.R.E, c’est :

“Merci les bibliothécaires de Villon et vive les livres libres”.

Stéphane Boulanger, lecteur formateur.
Cet article fait suite à celui dans lequel nous nous interrogions sur comment garder le lien avec nos partenaires et notre public, que vous pouvez retrouver ici.

 

Participer à des lectures partagées en foyer : 20 ans après… ?

Que disent des mamans d’enfants devenus grands après qu’ils aient rencontré, bébés, des beaux albums et la magie des premières lectures ?

Annick Vachaud – Puéricultrice retraitée et Administratrice de L.I.R.E
Mariam Traore et Henriette Tanon – Mamans

Furet n° 99 – pages 54/55

Des histoires pour ré-enchanter le NOUS durant le confinement.

Suite à notre article Comment garder le lien en période d’épidémie, nous donnons la parole à nos partenaires, qui nous racontent ce qu’ils ont mis en place pour fonctionner depuis le mois de Mars 2020. Aujourd’hui, Katty, éducatrice au centre social Aire 10.            

centre social aire 10La période du mois de mars-avril 2020  que nous avons tous rencontrée était un temps fait d’étrangeté. Nous avons tous travaillé pour partir à la découverte de moyens pour retrouver un lien, malgré la distance.

Le centre social avec ses administrateurs, salariés et bénévoles, ont entrepris plusieurs chantiers. Des animations de jeux avec des collégiens via des applications, du soutien par la parole pour les personnes âgées, la vitrine pour les attestations de déplacements, du yoga en famille avec Whatsapp, des ateliers conversations pour les apprenants ASL. En amont le lien avec les écoles du quartier ont permis un réel soutien scolaires pour tous « citoyens en devenir ».

Les jardins, les parcs et les structures petite enfance étant fermées, les familles, avec enfants en bas âges notamment, exprimaient un besoin. Celui de se faire du bien, de rigoler comme un moment de pause. Les vacances de mars ayant eu lieu pendant le premier confinement, le centre social a alors confectionné des sacs contenant des jeux, coloriages, de la pâte à modeler, perles, kit fusées, pompon, bracelets brésiliens… Ces sacs ont été livré dans chaque boite aux lettres des adhérents.
Avant le confinement, le centre social s’était mis en lien avec l’Association L.I.R.E. Ensemble, nous menions des actions autour du livre pour lutter contre l’exclusion au sein du quartier prioritaire dans lequel ce premier est implanté. Il s’agissait d’accueillir des familles avec des enfants, des assistantes maternelles, des grands frères avec les petites sœurs et de disposer des livres dans un des bâtiments du centre social. Afin de construire du lien à travers des histoires racontées, lues, regardées et commentées.

centre social aire 10 Durant le confinement le livre a continué d’exister pour notamment créer ces échanges dans ce contexte particulier. Par le biais des histoires racontées, il s’agissait de franchir les kilomètres qui nous séparaient, les portes d’immeubles, celles des chambres des hôtels sociaux et se retrouver à travers elles.

C’est avec un montage vidéo et sonore, qu’une quarantaine de livre connus des enfants ont été lus et envoyés aux familles. Ce qui permettait un échange autour de l’histoire par la suite avec les enfants, les parents et l’équipe du centre social via internet et le téléphone. Se rencontrer avec l’histoire contée, porter de l’attention aux silences des narrateurs, aux bruitages, aux mots de l’auteur ainsi qu’aux dessins des illustrateurs. Se retrouver avec nos émotions propres, sourire, écouter les silences et continuer à discuter après l’histoire de ce que nous vivions chacun pendant cette période confiné.

Partir des histoires lues pour s’en raconter ensemble, faire vivre le lien et construire collectivement.

Katty éducatrice au centre social Aires10